dimanche 15 février 2015

Un matin au Potager

Quelle stupeur vous fait le jour quand la nuit fut courte!

Sur toute sa durée, votre corps jette des regards surpris aux rayons. C'est délicieux. C'est incroyable. Rien en vous de biologique n'accepte l'évidence du règne solaire. Et sans cesse le brouillage intérieur conteste la claire et veloutée douceur. L'estomac chaviré, les pensées troubles se délitent au contact charnel et lumineux de la poigne astrale qui définit vos contours flous, raffermit vos désirs, dilate votre cœur. Un sang neuf pulse dans vos veines, un Souffle vous habite, augmente en vous l'envergure symbolique. La poésie sors de vos lèvres avec l'aisance d'une langue maternelle: enfouie, cachée, découverte, retrouvée.

Oh ce soleil improbable depuis aujourd'hui une semaine! Combien réparateur.
Bénis sois-tu Seigneur des puissances, qui fixa aux cieux la course des astres. Toi le Maître des nuées dont tu permets l'épanouissement, la disparition. Voilà que les nuits sont claires et stellaires, que le ciel est d'un bleu sans nuage, qu'au matin le givre a recouvert la terre, rosée figée, à la surface des choses, fraîches, en attente.

Je retrouve ma disponibilité intérieure. À nouveau je me demande: comment déshydrate-t-on de la soupe sans la brûler?

La vie.

(Décembre 2013)

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